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MUSIKZEN
François Lafon

MARS 2017

Pour fêter la sortie de son nouveau CD Lettres intimes (label Alpha), le Quatuor Voce "s’installe au Cabaret Sauvage".
Les Voce, treize ans d’âge et un répertoire éclectique, ont leur part dans le coup de jeune qu’a connu le quatuor à cordes – français en particulier – ces dernières décennies. Le Cabaret Sauvage, chapiteau rouge et boiseries modern style planté dans le parc de la Villette entre la Cité des sciences et la Philharmonie de Paris, est en effet un lieu où l’on s’installe, où l’on boit, parle et se promène, où l’on écoute surtout toutes sortes de musiques. [...] Cela marche pourtant : sur scène (Janacek) ou sur la piste (Bartok), avec lumières savamment modulées et lettres enflammées de Janacek projetées sur écran, les Voce jouent la rudesse et la dépression, mettant sans excès l’accent sur l’essentiel parfum de terroir(s) propre aux deux compositeurs, enchaînant en bis sur des Piazzolla chaloupés (un autre terroir) avec danseurs de tango et le formidable accordéoniste-bandonéoniste Pierre Cussac. Salle comble, public un peu plus que Zénith mais pas tout à fait Philharmonie et encore moins salle Gaveau. Objectif atteint, donc.


A l’occasion de la parution de son remarquable disque publié par le label Alpha, le Quatuor Voce a donné un concert hors normes en un lieu inattendu, un chapiteau de cirque permanent devenu cabaret tout de velours, de glaces et de boiseries évidées, où il a joué les œuvres réunies sur le CD intitulé « Lettres intimes ».

Les Voce [...] ont choisi pour la présentation de leur nouveau disque le Cabaret Sauvage, qui s’ouvrait pour l’occasion à la musique classique, nom et lieux allant apparemment à l’encontre de l’image du quatuor d’archets dont la forme et le répertoire sont réputés sérieux, complexes, exigeants et plus élitistes encore que la musique classique et contemporaine. La promiscuité avec le public, les tables disséminées en cercle autour de la scène sur lesquelles le public consomme bière et autres rafraîchissements, tout en restant parfaitement attentifs et à l’écoute des artistes et de la musique que la plupart découvre. Deux aires de jeu sont aménagées, l’une sur un plateau de tréteaux, l’autre au milieu de la salle. […] la proximité des musiciens avec les spectateurs est rarement atteinte à un tel degré dans une salle de concert, et pas même voire dans un lieu patrimonial. […] Réunissant trois œuvres « Mittle Europa », le disque Lettres intimes tire son titre du second Quatuor à cordes de Leos Janácek (1854-1928). Les Voce instillent à ces trois œuvres [Quatuor à cordes de Leos Janaček, Quatuor à cordes n° 1 en la mineur op. 7 de Béla Bartók, Cinq pièces pour quatuor à cordes d’Erwin Schulhoff] une énergie vitale, une fraîcheur juvénile, une poésie pure qui transporte l’auditeur dans un univers d’une humanité douloureuse et charnelle que l’on retrouve pleinement dans leur disque.
Le public, qui découvrait ces pages dans sa grande majorité, ne s’y est pas trompé, réservant aux interprètes et au programme un accueil aussi spontané qu’enthousiaste. Dans le prolongement du Quatuor à cordes n° 1 de Béla Bartók aux élans populaires hongrois et des Pièces à danser d’Erwin Schulhoff, ouvert à tous les genres et des répertoires éclectiques avec des musiciens venant de divers horizons, le Quatuor Voce a tourné le dos au sérieux du programme du concert pour révéler son côté canaille avec le bandonéoniste Pierre Cussac dans une série de tangos qui ont suscité l’engouement d’un public plutôt jeune qui s’est assez vite essayé à ces mouvements de danse aux contours suggestifs qui demandent sens du rythme et souplesse extrêmes, le terme « cabaret » acquérant cette fois tout son sens. Après ce premier programme cette saison 2016-2017, le Quatuor Voce présentera sa propre série de concert en 2017-2018 dans le cadre d’une résidence dans l’enceinte du Cabaret Sauvage.

CLASSIQUE D’AUJOURD’HUI
Bruno Serrou

MARS 2017
 


SÜDDEUTSCHE ZEITUNG
reinhard palmer

AVRIL 2015

"Il ne fait aucun doute que ce quatuor à cordes compte parmi les meilleurs ensembles au monde. Le succès du Quatuor Voce est d’autant plus admirable qu'il ne s’est pas fait remarquer par le "big bang" d’un concours international, mais par un engagement de tous les instants, à l’occasion de multiples concerts. C’est par cette voie que le quatuor a réussi à attirer la plus haute attention du monde musical : le Bayerische Rundfunk a réalisé un enregistrement du concert au Bosco, et l’in- génieur du son a été témoin, depuis son studio mobile, des applaudissements frénétiques d’un public euphorique."


AMBERGER ZEITUNG
Marielouise Scharf

AVRIL 2015

"Le Quatuor Voce convainc avec l’unique quatuor de Ravel, une œuvre avec de grandes exi- gences musicales et techniques. Souplesse et joie dans la prise de risques, curiosité des couleurs sonores et brillance technique : tout cela distingue le Quatuor Voce. Leur jeu est saisissant et en- thousiasmant, raffiné et virtuose. Avec cette interprétation, le public succombe à la richesse de couleurs de Ravel. Une soirée superbe !"


RESMUSICA
Michèle Tosi

MARS 2015

"Le Quatuor Voce sur la scène des Bouffes du Nord. Les Voce avaient choisi Mozart et son quatuor "Hoffmeister" de 1786 pour débuter le concert. (...)

L'interprétation mûrie qu'en donne le Quatuor Voce n'appelle que des éloges : tempo bien senti, élégance de l'articulation et équilibre sonore dans un premier mouvement magnifiquement conduit. Après le court Menuet d'une gravité nouvelle chez Mozart, les Voce ouvrent un espace pour la méditation dans l'Adagio d'une belle intensité dramatique. Ils entretiennent dans le finale une agi- tation presque fiévreuse dans une manière virtuose autant que contrôlée.

Abandonnant l'écriture dialogique propre au genre classique, Bruno Mantovani - venant sur scène pour présenter sa pièce - conçoit le quatuor comme un méta-instrument à 16 cordes, engendrant une matière toujours en devenir. Ce deuxième quatuor écrit en 2013 a été créé à la Biennale des quatuors de la Cité de la Musique, l'année dernière. L'engagement des Voce est ce soir stupéfiant !

C'est ici l'énergie du geste qui est sans cesse réamorcée au sein d'une écriture nerveuse et inci- sive : telles ces petites figures-fusées qui viendront jalonner le parcours sous les archets véloces des Voce. Elles jaillissent au début de l'œuvre avant de se déformer au fil des processus mis à l'œuvre. On est saisi par l'intensité et la puissance développées au sein des cordes qui entretiennent une manière de chaos organisé où la matière est pulvérisée puis recomposée dans des aller-retours vertigineux. Stratégique, une sorte de coda, plus apaisée et presque détachée du corps de l'œuvre, va peu à peu restaurer l'énergie avant le dernier assaut, très spectaculaire, mené par les quatre cordes solidaires : astucieux et très efficace !"

Michèle Tosi


la marseillaise
Gisèle Laval

janvier 2015

 

"De jeunes et brillants interprètes étaient réunis par la société de musique de chambre mardi. Une soirée élégiaque. Sept, chiffre magique, et qui s’est avéré l’être, avec les sept jeunes interprètes reçus mardi par la Société de musique de chambre, dans un programme peu commun. D’autant que, dérogeant à ses habitudes, la SMC avait invité quatre « régionaux », très justement remarqués pour leur talent. Le quatuor Voce, la harpiste Delphine Benhamou, la flûtiste Julie Huguet et le clarinettiste Pierre Genisson s’étaient donnés rendez-vous autour de musiques françaises du début du XXe siècle, une musique trop souvent mal connue du public et qui, ce soir-là, a développé toutes ses subtili- tés, toute sa fluidité, toutes ses couleurs. De plus, les sociétaires et amis de la SMC ont pu appré- cier des formations rares et des associations d’instruments difficiles à réunir.

De la Sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy au septuor de Ravel Introduction et allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor, en passant par le Chant de Linos, d’André Jolivet, on a dégusté chaque note, chaque instrumentiste de ces œuvres. Chacun d’entre eux, en effet, est un superbe soliste : on a remarqué la fraîcheur de la flûte, la transparence de la harpe, la subtile puissance de la clarinette (notamment dans la Rhapsodie de Debussy), la densité et la cohésion du quatuor. Pourtant, quels que soient la formation et l’engagement personnel de chacun, il ressort également une grande unité de sonorités, de couleurs, de ton.

Lyrique, élégiaque, délicatement colorée, cette soirée de janvier dans l’auditorium de La Timone restera dans la mémoire des auditeurs et il ne fait aucun doute que l’on retrouvera à Marseille ces musiciens pour le plus grand bonheur auditif." Gisèle Laval


Concert à la biennale de quatuor à cordes (Cité de la musique, Paris) "Le Quatuor Voce a joué cette partition (2e quatuor à cordes de Bruno Mantovani) avec la même générosité que dans Mozart et dans Beethoven. L’interprétation du quatuor du maître de Bonn [...] s’est avérée poétique, dense, vigoureuse, voire emportée dans les moments les plus vifs, tout en exaltant de chaudes sonorités le tout transcendé par un évident plaisir de jouer."

CLASSIQUE D'AUJOURD'HUI
Blog de Bruno Serrou

Janvier 2014


Concert à la Philharmonie de Berlin "Les jeunes français, extrêmement concentrés et avec beaucoup de vigueur, expriment leur mu- sique avec passion. [...] La discipline est stupéfiante, l'ensemble est impeccable, le spectre sonore tellement large qu’on se croirait devant tout un orchestre – y compris les bois et les cuivres. [...] Le résultat en est une merveilleuse plasticité, convaincante jusque dans les plus petits détails de la partition. On devrait rencontrer le brillant Quatuor Voce plus souvent."

DER TAGESSPIEGEL
Christian Schmidt

septembre 2013